LE TOUR DE LA SOULE – disputé par l’équipe « ON EN A SOULE PIED » 

LE TOUR DE LA SOULE – disputé par l’équipe « ON EN A SOULE PIED » 
Fabien, Laurent, Coraline Jules et Cathy

(Pour ceux qui veulent pas lire ma prose (!!) les résultats sont à la fin )

2018, Mauléon. Nous voilà de retour dans les paysages souletins pour découvrir d’autres parcours et vivre une nouvelle aventure en équipe. Cette année les conditions sont bien différentes : presque 20°C en moins, un ciel totalement bouchée, et un crachin permanent.
Après une nuit passée dans la grange au-dessus de Montory, réveil à 5h30 pour charger le camion avec les 10 sacs de Cathy (je n’imagine pas ce que ce sera si un jour je fais un ultra…), les restes de pizza, clafoutis et quiche pour les petits creux en cours de route, puis départ direction Mauléon pour récupérer les dossards et se préparer pour le prologue. Les étapes cet année étaient toutes différentes par rapport à l’année dernière (sauf la montée de la Madeleine, pour que Laurent puisse prendre sa revanche) – que du trail ou des étapes « nature », fini les 14 km sur le goudron ! 
Le centre-ville grouille déjà de coureurs et le PMU sert d’abri et de vestiaire entre deux gorgées de café. 71 équipes cette année comparé à 42 l’année dernière, et l’élite de la région est là. Malgré le temps maussade, il ne fait pas froid, et la pluie n’est pas (encore) trop désagréable. On fait la photo d’équipe – dur dur de quitter le gore-tex pour se mouiller le maillot – et puis on part s’échauffer : Laurent, Fabien et Coco pour le prologue, moi pour la première étape avec ces 12,5 km et 700m D+. Je semble être le seul coureur d’avoir pris les bâtons, mais tant pis, je me connais et je sais que les bras vont m’aider à monter autant que les jambes. En trottinant pour m’échauffer, je regarde Kevin Martins faire des lignes droites tranquillement à 20 à l’heure (pas de bâtons  puis je retourne rejoindre Jules pour regarder le départ du prologue.
Notre trio boucle les 3 km et quelque en environ 14 minutes, et après c’est à mon tour. Les coureurs de l’étape 1 se mettent sur la ligne de départ derrière le quad et le top départ est donné. Ça part vite, très vite…on arrive à la sortie de Mauléon et je vois toujours Martins devant – pas bonne signe pour moi, c’est trop vite et je me dis qu’il ne faut pas s’emballer après à peine 800 m ! Une petite montée dans la boue pour sortir du bois, et le peloton s’étire bien déjà. Les pentes sont fortes, glissantes… j’essaie un peu d’éviter les plus gros flaques, mais ça prend trop de temps. Le cardio se stabilise, je me mets dans mon rythme et je ne réfléchis plus. Jusqu’aux chevilles dans la boue des fois, je n’évite plus les flaques mais me concentre pour ne pas perdre les baskets ! Au premier croisement il y a une portion de route, je cherche le camion de Laurent, mais il y a pas mal de voitures et je ne vois pas mes coéquipiers. La pluie est plus soutenue mais malgré tout il y a du monde sur la route, et j’ai 300 m pour relancer, dérouler un peu…ça fait du bien ! Je cherche la suite du parcours et je n’en reviens pas quand on me crie « par-là par-là ! » en indiquant un bourbier piétiné par un troupeau de vaches – un bourbier montant en plus (et oui ça existe). Et ben non, ce n’est pas une blague, c’est bien par là. Je baisse la tête et ma première foulée tombe pile au milieu de la plus grosse flaque, (celle-là, je te l’ai dédicacée, Président ! ), je souris et je me prends au jeu. Je suis très contente d’avoir mes bâtons, ça m’empêche de reculer à chaque pas, perdre de l’énergie, et pour sortir les pieds aspirés par la boue, c’est un aide non-négligeable. 
Au deuxième ravito, on m’annonce que je suis première féminine, on m’encourage et c’est reparti, je sais que la plus grosse montée m’attend. On est complètement dans le brouillard, on voit à peine à 80 m, mais j’entends les cloches et les gens sur la route au fur et à mesure que l’on approche de la chapelle St. Grégoire. Un peu de plat (relatif) sur un single à travers champ, puis une bonne montée encore entre les fougères. A la sortie, je fonce toute droite, on me crie qu’il fallait prendre plutôt le virage, et en essayant de corriger la trajectoire, je glisse dans la boue et je fais une sorte de grand écart avec toute l’élégance de Peppa Pig… ça rigole et je vois le photographe trop tard. Breffff !
S’en suit une descente assez raide et technique avec des sortes de lauzes à la verticale. Je ralentis un peu, ce n’est pas le moment de tomber, et j’ai un peu d’appréhension. Dur de gérer la vitesse et de bien poser les appuis (Olivier BorredonFabrice Lanne ou êtes-vous ???!) J’entends parler au micro et je me dis que je ne dois pas être loin, et pourtant il reste plus de 2 km – difficile de s’orienter dans le brouillard, mais le balisage est au top et je continue. Je me rends compte qu’on fait le tour en bas de la chapelle avant d’attaquer la dernière montée, je traverse un piste et on me dit « ça y est, c’est la dernière ! ». Je lève la tête et en voyant la piste, ça me parait presque verticale… Je vois des coureurs à mi- montée et j’enchaine derrière eux. C’est dur, très dur, je me mets à marcher à la moitié, puis je commence à voir du monde de part et d’autre du sentier. On m’encourage bien, ça crie, on sonne les cloches et je vois les fanions de l’arrivée – obligée de me remettre à « courir » ! J’arrive en haut, couverte de boue, je me suis régalée, vraiment. C’est dommage pour le panorama, car la vue doit être magnifique – on reviendra l’année prochaine ! Je cherche les autres, mais je ne les vois pas, alors je me mets sur le chemin de la descente. Je croise Fabien et Coco qui ont monté la côte pour me retrouver, car on empêche les voitures de monter.
On regagne la route en bas à pied, et là, petit contretemps avec une course de Quad qui essaie de passer à contresens… ça s’énerve un peu, un mec nous dit qu’il a un arrêté préfectorale pour sa course et qu’il faut qu’on fasse demi-tour et qu’on repart dans l’autre sens, alors que la route fait à peine la largeur du camion, il y a du monde devant, derrière, dans l’autre sens, et de toute évidence il n’y a pas la place. Devant nous, 5 hommes soulèvent une petite voiture qui bloque la route et la posent plus loin sur le bord…jamais vu ça ! On se demande si on va être à l’heure au départ pour Jules, puis petit à petit en manœuvrant, ça se débloque et on repart. Je ne sais pas comment fait Laurent pour rester tranquille et manœuvrer un van sur les petites routes de campagne comme si c’était un Smart sur l’autoroute – à sa place je serais déjà tétanisée et en nage 
On arrive à Ordiarp pour le départ de l’étape 2. C’est un joli village avec un pont qui traverse la rivière pour accéder à la chapelle. Au fronton, on s’arrête prendre un café et une crêpe au sucre, il commençait à faire faim ! L’arrière du camion commence à ressembler à une bétaillère avec mes affaires un peu partout au sol, donc je me mets dans la rivière pour enlever un peu de boue et faire une petite lessive dans le courant. Le départ se fait sur la place, et on encourage Jules qui se positionne bien dans le premier tiers du peloton. On ne peut pas trop le suivre sur le parcours, donc on file directement à l’arrivée sur Aussurucq. Le premier arrive en à peine 43 minutes. Au calme. On se met sur le bord de la route à la dernière descente pour encourager les coureurs, et Jules arrive bien, content de sa course – une étape ‘nature’ avec beaucoup de faux plat montant bien casse-pattes !
Fabien part s’échauffer pour son étape qui fait peur rien que sur le papier : 11 km pour 900 m D+ … que de la montée avec de belles portions à 15%, voire plus ! 
C’est agréable d’avoir le temps entre les étapes de retrouver le coéquipier qui vient de courir, savoir comment ça s’est passé pour eux, être présent au départ du suivant et pouvoir les voir et encourager sur le parcours. C’est l’avantage de limiter le nombre d’équipes, de faire des étapes courts mais non moins exigeantes et variées, et malgré le fait qu’en tête du peloton, ça ne rigole pas, l’ambiance est bon enfant, on ne ressent pas de stress ou d’esprit ultra-compet. 
11h30, c’est l’heure du départ pour Fabien. On l’encourage à la sortie du village puis prenons le camion pour essayer de le voir sur le parcours. Vingt minutes plus tard, on voit quelques coureurs sortir d’une pente sur la droite de la route, ça souffle fort, la pente est très raide. On s’arrête sur le bord un peu plus loin : sur les photos on ne se rend pas bien compte du dénivelé, mais il y était bien ! Fabien sort dans le premier tiers du peloton, et on l’encourage sur la petite portion de route avant de filer sur l’arrivée à Ahusquy.
La pluie tombe bien là-haut et ça s’est rafraichi. On sort même les parapluies ! L’arrivée est en bas une longue descente – ça va leur faire drôle après plus de 10 bornes de montée sans fin… Quand on entend que les premiers en ont encore pour une bonne demi-heure, on fait un repli stratégique dans l’auberge qui a été annexé par d’autres coureurs et supporteurs fuyant les conditions météo. Un petit garçon dans les bras de son père défiait l’ours empaillé aux crocs impressionnants qui se tenait à côté des escaliers… Faute de pouvoir l’admirer en vrai, on a étudié un croquis du panorama (normalement) visible depuis la terrasse était encadré au mur – on devait même pouvoir voir le Pic d’Anie, le Pic des Escaliers, et…. toute une autre série de pics dont les noms étaient tellement locaux que je ne m’aventurerais ni à les prononcer, ni à les orthographier. 
On ressort pour ne pas rater l’arrivée du coach et en remontant la route, on voit les coureurs débouler dans la descente, les virages sont serrés, les visages plutôt fermés, marqués. On voit Fabien arriver en haut, négocier la pente jusqu’à l’arche, et quand on le retrouve au ravitaillement, il se réhydrate tranquillement, (à l’eau bien sûr) est bien et ne parait même pas essoufflé ! Il nous raconte un peu sa course, et nous filons à Alçay pour une douche bien méritée pour certains, et le repas de midi pour tout le monde. Dans la grande salle, ils ont mis des écrans pour suivre le match France – Australie, on a gagné (on ne va pas parler du match en soi….) Coco est contente, elle peut partir tranquille pour son étape  l’avant dernière avant que Laurent n’aille à la rencontre de (la) Madeleine.
La pluie s’est arrêtée quand on ressort de la salle et on va pouvoir regarder le départ au sec. Pour ma part, je suis terrassée par des maux de ventre qui se sont empirés depuis la veille, je n’arrive plus à rester debout, et je me mets dans le van pour essayer de dormir et gérer un peu la douleur. Douze bornes, deux bosses et elle est HS l’anglaise !
J’entends le départ comme si c’était au loin, il y a une Joelette sur cette étape, et l’équipe de relayeurs part avec un peu d’avance et beaucoup d’applaudissements. Nous reprenons la route jusqu’au premier croisement, à temps pour voir Coco passer, à l’aise, et bien dans la première partie du peloton. La deuxième point est en bas d’un virage assez serré, et il y en a qui frisent le tout droit dans le talus en face. Kevin Lasserre passe tranquille, la foulée fluide. Le creux est fait et on attend un moment avant de voir d’autres coureurs arriver. Quelques hommes passent, puis on voit Coco arriver ! Tout le monde l’encourage et elle repart pour les derniers km. Nous arrivons à Tardets à temps de la voir passer sous l’arche de l’arrivée – Première fille de loin  
Dernière étape de la journée – la mythique montée de la Madeleine. Laurent est bien, serein, et décide de ne prendre ni bâtons, ni part de pizza en cas, malgré le fait qu’il pense mettre un peu plus d’une heure pour boucler les 12,8 km avec ses 800 m de D+. Le soleil est même sorti pour l’occasion, mais il tape beaucoup moins fort que l’année dernière – donc M. Carrère part « light », même pas de Camelbak.
A peine plus d’une heure plus tard, on voit le premier arriver, un peu défait. Il serre les dents jusqu’à l’arrivé et tombe sous l’arche. Une belle performance, mais dommage d’arriver comme ça, surtout qu’il avait presque deux minutes d’avance sur le deuxième. Quelques coureurs passent, puis arrive Laurent, le sourire aux lèvres et une belle 11ième place au scratch. Visiblement cette rencontre avec Madeleine a été beaucoup mieux vécue que la précédente  Une belle revanche et sacrément en cannes M. Carrère ! (où c’était la pizza….. ?!)
Fabien et Laurent ont un peu de temps pour souffler avant le relais final, qui part à 18h45. 1.6 km dans les rues de Tardets pour chaque coureur avant de finir la journée. Avec Jules et Coco, on se met en haut d’une petite montée pour les voir passer.
C’est rapide, violent, les écarts sont énormes mais nos deux flèches semblent bien, et Laurent sourit toujours, c’est bon signe ! On les retrouve à l’arrivée tous contents de notre journée sur les sentiers et pentes de la Soule. Une très belle aventure en équipe, sans pépin et dans la bonne humeur – que demander de plus ?! Pour les panoramas, on reviendra l’année prochaine !
RESULTATS de l’équipe (sur 71 équipes inscrites)

PROLOGUE – 3.5 km : (Fabien, Coco, Laurent) 23 ième, 14’34
ETAPE 1 – 12.5 km, 700 D+: (Cathy) 17 ième 01:15:27
ETAPE 2 – 11 km, 250 D+ : (Jules) 21 ième 00:54:07
ETAPE 3 – 11 km, 900 D+ : (Fabien) 29 ième 01:29:00
ETAPE 4 – 10 km, 300 D+ : (Coco) 20 ième 00:51:45
ETAPE 5 – 12,8 km, 800 D+ : (Laurent) 11 ième 01:21:34
RELAIS – 3,11 km (Laurent et Fabien) 14 ième 00:11:32
CLASSEMENT EQUIPE AU GENERAL : 13 ième 06:04:39
CLASSEMENT EQUIPES MIXTE : 3ième

Publié dans : Trail

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